L’ancien président Donald Trump a été banni de la plupart des grands réseaux sociaux après des propos controversés sur les émeutiers qui ont pris d’assaut le Capitole le 6 janvier 2021. Mécontent, il avait assuré qu’il lancerait son propre réseau social. C’est désormais chose faite, Donald Trump lance « Truth Social ». L’histoire de ce nouveau réseau social est avant tout celle d’une revanche personnelle, mais aussi celle d’une affaire possiblement lucrative et un tremplin pour 2024.

Truth Social : une « copie » de Twitter

Après plusieurs mois de suspens, Truth social voit désormais le jour. L’application est disponible en téléchargement sur iOS outre-Atlantique. S’il doit être comparé à l’un des réseaux sociaux existants, Truth Social ressemble (beaucoup) à Twitter, qui était assurément la plateforme préférée de Donald Trump. On peut répondre, partager et liker les publications. La seule différence tient pour l’heure du vocabulaire utilisé, les posts ne sont pas des tweets, mais des « truths » qui signifie vérités en français. La plateforme a été lancée le 21 février dernier, une date qui n’est pas due au hasard puisqu’il s’agit du « President Day », un jour férié qui honore les présidents des États-Unis.

Des débuts difficiles malgré un financement important

Pour l’heure, le réseau social rencontre de nombreux dysfonctionnements en affichant des messages d’erreur rapportés par les utilisateurs. Truth Social est censé être « complètement opérationnel » d’ici à la fin mars, selon Devin Nunes, le patron de Trump Media & Technology Group (TMTG). Si la plateforme n’est pas totalement fonctionnelle, Donald Trump et son équipe s’activent pour signer des partenariats. Rumble, un réseau social alternatif aux géants actuels, prête sa technologie pour la diffusion de vidéos. Cet hébergeur de vidéos non modérées créé en 2013 pour contrer YouTube, s’allie ainsi à Truth Social. Par ailleurs, il est important de noter que le déploiement du réseau peut être fortement ralenti à la suite d’une enquête à propos d’un projet de fusion de sa société mère, TMTG, avec une entreprise publique cotée en bourse, Digital World.

Truth Social, un concurrent pour les réseaux sociaux actuels ?

D’après les experts politologues, sociologues ou économistes, les réseaux sociaux militants comme Truth Social sont structurellement voués soit à l’échec, soit à atteindre rapidement un plafond. En général, les utilisateurs préfèrent n’utiliser qu’un seul réseau social pour y retrouver l’ensemble de leurs cercles sociaux. Ces réseaux sociaux très politisés ne représentent qu’un intérêt relatif, puisqu’on y prêche déjà des convaincus. Il semble donc peu probable que Trump parvienne à atteindre les 88 millions d’abonnés sur Truth Social comme c’était le cas sur Twitter.

Un tremplin pour 2024

Il est de notoriété publique que Facebook Instagram et surtout Twitter, représentaient pour Donald Trump des outils puissants pour faire campagne. Rappelons que lors des élections présidentielles en 2016, Donald Trump dictait littéralement l’agenda médiatique à cause de prises de parole controversées. Nul doute alors que Truth social, une plateforme ou il a tout pouvoir, représente également un outil pour une campagne à venir en 2024.

Son dernier message public, publié le 4 février a pris la forme d’un communiqué dédié au mouvement du « convoi de la liberté » canadien, qui a bloqué pendant plus de 3 semaines le centre de la capitale canadienne, Ottawa. Dans ce message, le milliardaire signe le texte en tant que PDG de TMTG et clame ses critiques habituelles contre la « censure » exercée, selon lui, par Facebook et Twitter. Se réjouissant que le convoi « s’apprête à venir à Washington pour protester contre les règles ridicules érigées par Biden contre le Covid », cependant aucune manifestation liée à ce mouvement n’a eu lieu dans la capitale américaine. Un avant-goût parlant des futurs messages à venir sur Truth Social.