Facebook et Google, nouveaux acteurs de la lutte anti-terrorisme ? En 2016, selon l’agence de presse Reuters, les deux géants américains testaient discrètement un système de détection automatique des contenus de propagande liés au groupe autoproclamé État islamique (EI). L’objectif affiché à l’époque : enrayer la publication de contenus extrémistes et mieux traquer leur diffusion en ligne.
Ce principe de modération s’inspirait d’outils déjà connus, capables de repérer les violations de droits d’auteur grâce à une empreinte numérique (hash) unique. En comparant ces empreintes, les plateformes identifient et suppriment rapidement les contenus dupliqués. De nombreuses plateformes y ont recours, telles que Facebook, YouTube ou encore Twitch.
À l’époque, Facebook et Google ne s’étaient pas prononcés sur ces tests. Depuis, le mouvement s’est officialisé et structuré : en 2017, plusieurs acteurs (dont Meta et Google/YouTube) ont lancé le Global Internet Forum to Counter Terrorism (GIFCT), qui mutualise une base d’empreintes de contenus terroristes afin d’accélérer leur retrait. Ces dispositifs combinent désormais hashage perceptuel photo/vidéo, détection automatisée (modèles de machine learning) et revue humaine, dans le cadre d’obligations légales renforcées, notamment le Règlement (UE) 2021/784 sur le retrait rapide des contenus à caractère terroriste et le Digital Services Act. S’ils ne rendent pas la modération infaillible, ces outils visent bel et bien à endiguer la propagande en ligne de groupes extrémistes.

En 2026, le sujet reste sensible : entre risques de faux positifs, contournements et débats sur la liberté d’expression, les plateformes publient des rapports de transparence et des données de retraits de contenus pour documenter leurs efforts de modération des contenus extrémistes et l’efficacité de la détection automatique.
Source : Reuters














