Les images faisant la promotion des troubles alimentaires potentiellement mortels prospèrent sur Instagram. Selon les experts, ces clichés doivent être sévis au même titre que les images d’automutilation. 

Si Instagram s’engageait a lutter contre le suicide et les images d’auto-mutilation il y a quelques jours, les experts jugent que le processus ne va pas assez loin. En effet, ces derniers affirment qu’Instagram doit aussi interdire toutes les autres images qui pourraient mettre en danger la vie des utilisateurs vulnérables.

Temple des fit girls/boys, des comptes et d’aide à la nutrition, Instagram est une réelle source de motivation quotidienne pour les utilisateurs souhaitant atteindre leurs objectifs de poids. En revanche, le réseau social, loin d’être tout rose, regorge d’utilisateurs profitant de leur visibilité pour faire la promotion de maladies telles que l’anorexie ou la boulimie. Les plus sournois d’entre-eux font en sorte de rendre leur profil privé pour éviter d’être trop contrôlés et signalés. 

 

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« Les contenus dits pro-anorexie sont très répandus sur les réseaux sociaux et peuvent être très nocifs pour les personnes souffrant d’un trouble de l’alimentation. Les utilisateurs du réseau ne développeront pas automatiquement un trouble de l’alimentation en étant exposés à des images qui les glorifient, mais la recherche montre qu’un tel contenu contribue à perpétuer les maladies chez les personnes qui en souffrent déjà. C’est une forme de banalisation » déclare Tom Quinn de l’association caritative britannique Beat contre les troubles alimentaires.

Par le biais de hashtags tels que #skinny #thighgap ou encore #selfharm, ce sont plus de 100 000 posts qui s’offrent aux utilisateurs. 

Jade, 19 ans, est victime d’un trouble de l’alimentation depuis qu’elle a 11 ans, elle témoigne : « Lorsque mon trouble de l’alimentation et ma dépression étaient à leur apogée, j’ai cherché des applications comme Instagram pour trouver ces images qui n’ont fait qu’aggraver ma propre image. À cette époque, les posts étaient peu nombreux. De toute évidence, la quantité d’images est maintenant énorme sur presque tous les réseaux sociaux », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté : « Je croyais qu’il était tout à fait normal de m’affamer et d’adopter des comportements autodestructeurs. Ce n’est pas seulement Instagram qui est criblé d’images. Des sites ou applications potentiellement dangereuses comme Tumblr, Pinterest et Weheartit sont aussi remplis de ces messages. »