Pendant plus d’un an, Sarah Nyberg a été harcelée sur Internet à cause de sa personnalité transgenre. Jeudi 06 octobre, la jeune femme a lancé un nouveau compte Twitter @arguetron. Tenu par un « bot », le compte tweete toutes les 10 minutes une phrase provocante, visant les internautes les plus virulents : antiféministes, théoriciens du complot, racistes ou encore homophobes. Certains trolls se sont fait prendre au piège en répondant aux tweets du compte Twitter.

Créé grâce à l’outil CheapBotsDoneQuick, ce compte est actuellement suivi par plus de 4000 personnes« Je n’ai jamais voulu en faire un projet d’art ou un projet militant. A l’origine c’était seulement pour m’amuser. Mais je crois qu’il apporte un point de vue critique sur l’état des discours en ligne et sur le type d’abus que doivent endurer les progressistes sur Twitter. » déclare la jeune femme au Monde.

Bien qu’il n’utilise pas d’identification ou encore des hashtags pour faire remonter ses tweets, le bot a pu maintenir des discussions avec les trolls. Certaines discussions ont duré 10 heures.  Propos outrageants, insultes voire même harcèlement sexuel, le compte Twitter @arguetron expose la méchanceté et la bêtise dont certains internautes peuvent faire preuve.

« Cela montre comment le simple fait de publier ses opinions, dans votre petit coin d’Internet, peut provoquer des insultes de la part des réactionnaires, explique Sarah Nyberg au Monde. La plupart des personnes qui ont déjà été victimes de harcèlement le savent, mais ceux qui ne l’ont jamais été sont souvent sceptiques. Alors qu’en fait certaines personnes passent un temps significatif à chercher des personnes sur lesquelles hurler, des personnes à insulter. »

Autrefois, Sarah Nyberg a été de l’autre côté de la barrière en trollant et en déclarant des phrases choquantes défendant les pires opinions. Lorsque la situation s’est inversée, la jeune femme a compris l’importance et le mal que pouvait causer ce type de propos. La création du compte a un double sens pour elle : « Troller, dans le sens d’un fauteur de trouble créatif et subversif, est quelque chose qui ne m’a jamais quittée, confie la jeune femme au Monde. Je pense qu’il est possible de troller ainsi de façon éthique, et que, à sa petite échelle, cela pourrait même rendre Internet meilleur. »

Source : Le Monde