Paradis pour les photographes en herbe, la rue de Crémieux à Paris est devenue un enfer pour ses habitants. En cause ? Son succès sur Instagram, qui ne se dément pas.
Sur Instagram, la rue de Crémieux (Paris, 12e arrondissement) est un spot photo incontournable, avec des dizaines de milliers de publications sous le hashtag #ruecremieux. Son succès tient à son aspect à la fois atypique et pittoresque : de petits immeubles aux façades colorées bordent une allée centrale pavée, offrant un décor qui tranche avec le style haussmannien. De quoi surprendre les touristes et enchanter les amateurs d’images.
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Mais alors que les photographes trouvent dans cette rue un véritable petit décor à ciel ouvert pour des shootings improvisés, les habitants, eux, n’en peuvent plus. À tel point que, dès 2019, certains d’entre eux ont créé une association de riverains.
Interrogé par FranceTvInfo, Antoine, vice-président de l’association, confiait ainsi :
“C’est devenu l’enfer. En semaine ça peut aller parce que ce sont des touristes, ils ne sont pas trop dérangeants. Mais le week-end, c’est 200 personnes sous nos fenêtres. Nous on a la table ici, et les gens sont juste à côté en train de prendre leurs photos.”
Il continue :
“Vous avez des clips de rap qui viennent pendant deux heures sous nos fenêtres, vous avez aussi des enterrements de vie de jeune fille qui hurlent pendant une heure, c’est franchement usant”.
En 2019, les revendications des habitants étaient claires : obtenir la fermeture de la rue au public les week-ends et le soir à partir d’une certaine heure. À l’époque, la demande avait été transmise à la mairie du 12e arrondissement. Depuis, le sujet de la cohabitation entre visiteurs et riverains ressurgit régulièrement. Après une accalmie liée à la pandémie en 2020-2021, la fréquentation est repartie avec le retour du tourisme. À ce jour (2026), la rue reste accessible, et les habitants continuent d’appeler à des mesures de régulation et au respect du voisinage sur ce « lieu instagrammable » devenu symbole de l’overtourisme urbain.
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