Cette habitude sur les réseaux sociaux alimente le stress et explique pourquoi certains se sentent constamment sollicités au quotidien

Publié le : 28.07.2026
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cette habitude sur les réseaux sociaux alimente le stress et explique pourquoi certains se sentent constamment sollicités au quotidien

Consulter Instagram, TikTok, WhatsApp ou Facebook dès qu’une notification apparaît semble souvent anodin. Pourtant, cette habitude répétée plusieurs dizaines de fois dans la journée pourrait contribuer à cette impression de ne jamais parvenir à déconnecter complètement.

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Un commentaire, un nouveau message, une réaction à une publication ou une simple pastille rouge suffit à interrompre une conversation, une tâche professionnelle ou un moment de repos. Même lorsque la notification ne demande aucune réponse urgente, elle signale au cerveau qu’une nouvelle information est disponible et qu’elle mérite peut-être d’être consultée.

À force, certains utilisateurs peuvent avoir le sentiment d’être constamment attendus quelque part : dans une conversation WhatsApp, sous une publication Instagram, dans les commentaires d’une vidéo ou dans les messages privés d’une plateforme.

Répondre immédiatement à chaque notification entretient un état d’alerte

L’habitude en question ne correspond pas seulement au temps passé sur les réseaux sociaux. Elle concerne surtout la fréquence à laquelle une personne interrompt ce qu’elle fait pour vérifier son téléphone.

Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique Computers in Human Behavior s’est intéressée à l’effet des notifications provenant notamment d’Instagram, Snapchat, TikTok, X, WhatsApp et Facebook. Les chercheurs ont constaté qu’une notification pouvait ralentir momentanément le traitement des informations pendant environ sept secondes, y compris lorsque le message affiché n’avait pas de lien direct avec la personne.

Prise isolément, une interruption de quelques secondes paraît insignifiante. Mais lorsque ce phénomène se répète tout au long de la journée, l’attention doit continuellement quitter une activité, analyser l’alerte reçue, puis revenir à la tâche initiale.

Cette succession de micro-interruptions peut créer une forme de tension diffuse. Le téléphone ne sonne pas nécessairement pour annoncer quelque chose d’important, mais chaque vibration laisse entendre qu’un message, une réaction ou une nouveauté pourrait nécessiter une réponse.

Le nombre de vérifications compterait plus que le temps d’écran

Les chercheurs à l’origine de l’étude publiée en 2026 ont également observé que l’intensité de la perturbation était davantage liée à la fréquence des interactions avec le smartphone — notifications reçues et vérifications répétées — qu’au temps total passé devant l’écran.

Une personne peut donc utiliser son téléphone pendant une heure sans interruption pour regarder une longue vidéo et se sentir relativement concentrée. À l’inverse, consulter son écran pendant quelques secondes toutes les cinq minutes peut donner l’impression d’avoir été sollicité pendant toute la journée.

Ce fonctionnement explique pourquoi le temps d’écran ne suffit pas toujours à évaluer la place prise par les réseaux sociaux. Deux heures d’utilisation regroupées dans la soirée ne produisent pas nécessairement la même sensation que deux heures dispersées à travers des dizaines de consultations très courtes.

Pourquoi est-il si difficile d’ignorer une simple pastille rouge ?

Les notifications ne transmettent pas toutes la même information. Certaines annoncent un message important, tandis que d’autres signalent seulement une recommandation, une nouvelle publication ou l’activité d’un compte suivi.

Avant d’ouvrir l’application, l’utilisateur ne sait pas toujours ce qu’il va découvrir. Il peut s’agir d’un message personnel, d’un nouveau commentaire, d’un contenu amusant ou d’une information sans intérêt. Cette incertitude encourage la vérification, car la prochaine notification pourrait être plus importante que la précédente.

Les chercheurs distinguent notamment la visibilité de l’alerte, l’habitude créée par les notifications précédentes et sa pertinence supposée. Lorsqu’une personne vient de publier une photo ou d’envoyer un message, une notification peut paraître encore plus importante puisqu’elle est susceptible de contenir la réaction attendue.

Avec le temps, certains utilisateurs finissent même par vérifier leur téléphone sans avoir entendu de son ni ressenti de vibration. Le geste devient automatique : l’écran est consulté pendant un temps mort, en attendant un ascenseur, devant la télévision ou au milieu d’une tâche qui demande pourtant de la concentration.

Une disponibilité permanente qui peut nourrir le stress

Les réseaux sociaux ont progressivement rendu les échanges plus immédiats. Un message est reçu en quelques secondes, son expéditeur peut parfois voir qu’il a été lu et certaines applications indiquent même si la personne est actuellement connectée.

Ces fonctionnalités peuvent faire naître une pression implicite. Lorsqu’un utilisateur a vu un message, il peut craindre que son silence soit interprété comme un manque d’intérêt. Il répond alors rapidement, même s’il est occupé, fatigué ou simplement peu disponible.

Le stress ne provient donc pas nécessairement du contenu regardé. Il peut aussi être lié au sentiment de devoir rester joignable, suivre plusieurs conversations et réagir suffisamment vite pour ne rien manquer.

Une enquête de l’American Psychological Association avait déjà relevé un niveau de stress moyen plus élevé chez les personnes déclarant vérifier constamment leurs appareils électroniques que chez celles qui les consultaient moins fréquemment. Cette observation montre une association, mais ne permet pas d’affirmer que les notifications constituent à elles seules la cause du stress.

Faut-il désactiver toutes les notifications des réseaux sociaux ?

Couper chaque alerte peut sembler être la solution la plus simple, mais une suppression totale ne convient pas nécessairement à tout le monde. Certaines personnes peuvent alors ouvrir encore plus souvent leurs applications pour vérifier manuellement si elles ont reçu un message.

Une expérimentation publiée en 2019 a montré que le regroupement des notifications à trois moments de la journée pouvait réduire le stress et améliorer le bien-être déclaré. À l’inverse, la désactivation complète des alertes avait provoqué davantage d’anxiété et de peur de manquer quelque chose chez certains participants.

L’objectif n’est donc pas forcément de rendre le téléphone totalement silencieux, mais de reprendre le contrôle sur les alertes réellement autorisées à interrompre la journée.

Quelques réglages permettent de limiter les interruptions

Les notifications provenant des messages privés peuvent être conservées, tandis que les recommandations de contenus, les rappels d’activité, les suggestions de comptes et les alertes promotionnelles peuvent généralement être désactivés sans conséquence.

Il est également possible de supprimer les pastilles affichant le nombre de notifications non consultées. Ces chiffres créent parfois une liste de tâches artificielle : tant que le compteur n’est pas revenu à zéro, l’utilisateur peut avoir l’impression que quelque chose reste à vérifier.

Regrouper la consultation des réseaux sociaux à quelques moments précis constitue une autre piste. Au lieu d’ouvrir chaque application dès qu’une alerte apparaît, les messages peuvent être consultés après une tâche, pendant une pause ou à une heure choisie.

Éloigner temporairement le téléphone pendant les repas, les périodes de concentration ou avant le coucher peut enfin limiter le geste automatique consistant à vérifier l’écran sans raison précise.

Le problème ne vient pas uniquement des réseaux sociaux

Les notifications restent utiles lorsqu’elles préviennent d’un message attendu ou d’une information urgente. Le problème apparaît surtout lorsqu’elles transforment chaque réaction, recommandation ou nouvelle publication en événement nécessitant une attention immédiate.

Ce n’est donc pas nécessairement le fait d’utiliser Instagram, TikTok ou WhatsApp qui crée ce sentiment de saturation. C’est parfois l’habitude de répondre à chaque sollicitation au moment choisi par l’application plutôt qu’au moment choisi par l’utilisateur.

Désactiver quelques alertes ou retarder leur consultation ne fera pas disparaître toutes les sources de stress. Cela peut néanmoins permettre de retrouver des périodes pendant lesquelles aucune pastille, vibration ou bannière ne vient rappeler qu’une nouvelle information attend d’être regardée.

Sources

Computers in Human Behavior – Attention hijacked: How social media notifications disrupt cognitive processing
https://doi.org/10.1016/j.chb.2026.108926

Computers in Human Behavior – Batching smartphone notifications can improve well-being
https://doi.org/10.1016/j.chb.2019.07.016

American Psychological Association – Survey finds constantly checking electronic devices linked to significant stress for most Americans
https://www.apa.org/news/press/releases/2017/02/checking-devices

PubMed – The effects of smartphone notifications on cognitive control and attention
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36395335/

Bertrand Marquette

Expert en marketing web, SEO et influence digitale, Bertrand décrypte les stratégies de visibilité utilisées par les marques, médias et créateurs de contenu. Spécialiste de l’acquisition d’audience, de la monétisation et des nouveaux leviers d’influence, il analyse l’évolution du marketing d’influence, de la creator economy et des tendances qui façonnent la communication digitale.

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