L’univers du streaming vidéo connaît une transformation majeure selon l’analyse menée par Arena Media. Marc Freschi, représentant de l’agence, révèle des constats surprenants issus d’une enquête approfondie auprès des prosumers, ces consommateurs avant-gardistes qui anticipent les comportements de demain. Ces profils influents, représentant environ 15% de la population française, manifestent des habitudes de visionnage qui dessinent les contours d’un marché en pleine mutation.
L’étude se concentre sur l’écosystème vidéo et met en lumière des bouleversements significatifs dans les pratiques de consommation. Contrairement aux prédictions optimistes des plateformes numériques, les données récoltées révèlent une réalité beaucoup plus nuancée concernant l’avenir des services de streaming par abonnement.
Les prosumers, baromètres des tendances médiatiques
Ces consommateurs particuliers se distinguent par leur engagement social et écologique ainsi que leur proactivité. Majoritairement urbains, ils évoluent dans les grandes métropoles et façonnent les comportements qui se généraliseront dans les 6 à 18 mois à venir. Arena Media analyse minutieusement plusieurs critères pour identifier ces profils précurseurs.
La méthodologie employée examine quatre dimensions essentielles :
- Leur relation au temps et aux médias émergents
- Leur capacité d’influence sur leur entourage
- Leurs pratiques sur les réseaux sociaux
- Leurs comportements d’achat innovants
Cette catégorie particulière de consommateurs reste dynamique. Un prosumer d’aujourd’hui ne conserve pas nécessairement ce statut indéfiniment. BETC avait initialement développé cette approche pour valider ses messages créatifs, avant qu’Arena Media n’adopte ce modèle pour étudier la consommation médiatique de ce segment. L’enquête de 2024 constitue le second volet d’une série d’analyses, après une première édition consacrée aux tendances générales de consommation média.
Le plafonnement des plateformes de streaming par abonnement
La découverte la plus marquante concerne la stagnation de la SVOD. Netflix, Prime Video, Disney+ et leurs concurrents ont triplé leur volume d’utilisation ces deux dernières années, mais leur progression s’essouffle désormais. Marc Freschi explique ce phénomène par une contrainte immuable : le temps disponible.
| Activité | Temps quotidien moyen |
|---|---|
| Temps libre disponible | 5 heures |
| Visionnage vidéo par abonnement | 3 à 4 heures |
Cette répartition temporelle ne peut s’étendre indéfiniment. Les transferts d’audience s’opèrent entre différents supports sans privilégier un seul canal. Les prosumers âgés de 25 à 49 ans illustrent parfaitement cette fragmentation : 33,1% fréquentent les salles de cinéma au moins mensuellement, contre 18,7% des consommateurs standards. Leur utilisation de l’AVOD dépasse même de 5 points celle du grand public.
Paradoxalement, la télévision linéaire persiste. Loin d’être obsolète comme certains l’annonçaient, elle bénéficie d’une transformation grâce aux offres des constructeurs. Les prosumers de 15 à 34 ans consomment trois fois plus de contenu sur Samsung TV ou Apple TV que les utilisateurs mainstream. Cette tendance au cherrypicking de contenus variés s’intensifie : une personne sur deux picore désormais dans de multiples chaînes vidéo.
Les défis publicitaires dans un paysage fragmenté
Cette dispersion des audiences impose aux annonceurs de repenser leurs stratégies. Ils devront identifier les carrefours d’audience optimaux pour diffuser leurs messages, ce qui complexifiera leur travail et augmentera probablement leurs budgets. D’un autre côté, les performances attendues devraient compenser ces investissements supplémentaires.
Les agences devront également s’équiper pour appréhender la complémentarité des plateformes disponibles. La publicité conserve néanmoins son efficacité : 47% des prosumers jugent la publicité télévisée divertissante, et 51% l’acceptent volontiers lorsqu’elle permet un accès gratuit aux programmes.













