Les influenceuses gagneraient 31 % de moins que les influenceurs

Publié le : 06.03.2020
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Les influenceuses gagneraient 31 % de moins que les influenceurs
Cet article a été mis à jour le 23.06.2026.

En 2020, l’agence Reech publiait une étude sur l’influence marketing. Et le constat était sans appel : le revenu des influenceuses serait bien inférieur à celui de leurs acolytes masculins. L’écart observé atteignait alors 31 %.

Le milieu de l’influence s’est depuis fortement professionnalisé et structuré (contrats, mesure de la performance, droits d’usage…). On pourrait donc penser que les écarts de rémunération entre les sexes y ont disparu. Pourtant, le sujet reste d’actualité en 2026 : selon les plateformes et les secteurs, des différences persistent encore.

Dans son édition 2020, Reech indiquait un revenu moyen de 424 € par partenariat pour les influenceuses, contre 614 € pour les influenceurs. Rapportés à l’année au sein de ce panel, cela donnait en moyenne 3 450 € pour une femme et 7 450 € pour un homme. Ces montants reflétaient un instantané du marché à l’époque et variaient déjà fortement selon la taille des communautés, la niche et la plateforme. En 2026, les tarifs se négocient davantage sur la base de l’engagement réel, des formats (posts, stories, Reels/Shorts, vidéos YouTube, live Twitch), des droits dérivés (UGC, ads whitelisting) et des performances attendues.

Les raisons d’une inégalité de revenu influenceurs/influenceuses

Comment expliquer un tel écart ? D’abord par la rareté relative des hommes sur certaines plateformes et verticales. En 2020, Reech soulignait qu’on ne dénombrait qu’environ 25 % d’influenceurs (hommes), contre 75 % de femmes. Depuis, la répartition s’est un peu rééquilibrée sur des terrains comme le gaming, la finance personnelle, le sport ou la tech, sans pour autant effacer toutes les disparités.

Ensuite, la taille moyenne des audiences différait fortement dans l’étude de 2020 : la communauté des hommes y apparaissait plus fournie (jusqu’à 1 070 000 abonnés en moyenne contre 82 000 pour les influenceuses dans l’échantillon). À l’époque, cette visibilité accrue rendait les profils masculins plus rares et plus « premium », ce qui tirait mécaniquement les tarifs à la hausse. Aujourd’hui, l’engagement, la qualité d’audience (brand safety, affinité, pouvoir d’achat) et la capacité à convertir pèsent davantage que le seul volume d’abonnés ; mais des différences d’échelle subsistent au sommet de certaines niches.

Par ailleurs, la spécialisation sectorielle compte. Historiquement, des verticales à gros budgets (tech, gaming, automobile, finance/crypto, sport) ont davantage sollicité des créateurs masculins. À l’inverse, des secteurs très portés par des communautés féminines (mode, beauté, parentalité, lifestyle) restent fragmentés, avec des centaines de profils « mid » ou « long tail », ce qui peut diluer les budgets. La féminisation de la tech et des finances progresse, mais la bascule n’est pas encore totale partout.

Enfin, la négociation et la transparence tarifaire jouent un rôle clé. Le recours accru à des agences, plateformes d’achat média d’influence, outils de benchmark et clauses sur les droits d’usage a réduit certaines asymétries d’information. En France, la loi du 9 juin 2023 encadrant l’influence commerciale et le renforcement des contrôles (DGCCRF, ARPP) ont contribué à professionnaliser les pratiques et à clarifier les attentes contractuelles, sans toutefois suffire à résorber tous les écarts.

Le marketing d’influence continue de croître. Rien n’empêche donc d’accélérer la convergence salariale en 2026 : mieux valoriser l’engagement et la conversion plutôt que la seule taille d’audience, diversifier ses verticales (y compris celles à budgets plus élevés), rendre publiques des fourchettes tarifaires réalistes, prévoir des packages incluant droits d’usage et amplification payante, et se former aux sujets techniques pour élargir son positionnement. Autant de leviers concrets pour une répartition plus équitable des rémunérations et des partenariats.

Inès Sivignon

Diplômée d'un master de Lettres Appliquées à la Rédaction Professionnelle, Inès met son expertise au service d'Influenth en tant que Rédactrice Web. Ce qu'elle aime par-dessus tout ? Les réseaux sociaux et le marketing d'influence, bien évidemment !

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