Le paysage radiophonique français connaît des bouleversements significatifs selon la dernière étude EAR de Médiamétrie portant sur le deuxième trimestre 2025. Les données révèlent une tendance particulièrement marquée : les stations à contenu parlé affichent une santé florissante tandis que les radios à dominante musicale peinent à maintenir leur attractivité auprès du public. Cette dynamique interroge sur l’évolution des habitudes d’écoute des Français âgés de 13 ans et plus, du lundi au vendredi.
La domination confirmée des stations d’information et de débat
Les antennes spécialisées dans l’information et les contenus parlés s’imposent comme les grandes gagnantes de cette période. France Inter consolide sa position de leader avec 12,4 % d’audience cumulée, progressant de deux dixièmes de point. La station publique enregistre également la plus forte progression en part d’audience avec un gain remarquable d’un point complet, témoignant d’un engagement accru de ses auditeurs.
France Info confirme sa troisième place sur le podium avec 8,4 % d’audience cumulée, gagnant également deux dixièmes de point. Cette performance illustre l’appétit croissant du public pour l’actualité en continu. RTL maintient ses 9 % d’auditeurs et a pour particularité une remontée notable de sa part d’audience à 11,7 %, soit une hausse de 0,4 point qui traduit une fidélisation renforcée de son public.
Europe 1 poursuit son redressement amorcé lors des trimestres précédents. La station gagne 0,3 point d’audience cumulée pour atteindre 4,5 % et améliore sa part d’audience de 0,8 point à 4,7 %, confirmant la pertinence de ses choix éditoriaux axés sur le débat et l’analyse.
Les difficultés croissantes des antennes musicales
À l’inverse, les radios privilégiant la programmation musicale traversent une période délicate. Au sein du groupe Bolloré, Europe 2 recule de 0,3 point d’audience cumulée et perd 0,2 point de part d’audience. RFM subit une érosion encore plus marquée avec une baisse de 0,5 point en audience cumulée et 0,2 point de part d’audience perdue.
Le constat est également préoccupant pour le groupe NRJ, où trois des quatre stations enregistrent des pertes d’auditeurs. Seule Rire & Chansons parvient à gagner 0,1 point d’audience cumulée. Par contre, l’ensemble des antennes du groupe affiche une diminution de part d’audience, signalant des difficultés à retenir l’attention de leur public fidèle.
| Station | Évolution audience cumulée | Évolution part d’audience |
|---|---|---|
| France Inter | +0,2 point | +1,0 point |
| RTL | Stable | +0,4 point |
| Europe 2 | -0,3 point | -0,2 point |
| RFM | -0,5 point | -0,2 point |
Des performances contrastées au sein du service public
Radio France présente un tableau nuancé. Si France Culture et France Musique maintiennent leur audience cumulée, elles enregistrent néanmoins un recul de leur part d’audience, suggérant une moindre durée d’écoute. La situation devient critique pour ICI, qui perd 15 % d’auditeurs avec une audience cumulée chutant de 4,5 % à 3,8 %. L’ancienne France Bleu abandonne 0,3 point de part d’audience pour s’établir à 4 %.
Fun Radio et RTL2 illustrent un paradoxe : leurs parts d’audience progressent respectivement de 0,5 et 0,1 point, mais leurs audiences cumulées diminuent de 0,2 et 0,1 point. Ce phénomène révèle que malgré une écoute plus longue des auditeurs restants, ces stations perdent du terrain en termes de recrutement.
Les principaux facteurs expliquant ces évolutions incluent :
- L’attractivité du contenu d’actualité dans un contexte politique et économique mouvementé
- La multiplication des plateformes de streaming musical réduisant l’intérêt pour les radios musicales traditionnelles
- Le vieillissement démographique favorisant les contenus parlés










