Les enseignes de distribution française peuvent enfin respirer après plusieurs années difficiles. L’édition 2025 du Baromètre du Comportement Shopper réalisé par Ipsos pour in-Store Media révèle une mutation notable des pratiques d’achat dans l’hexagone. Les shoppers français acceptent désormais de rouvrir leur portefeuille pour privilégier la qualité et le plaisir plutôt que de se concentrer exclusivement sur les premiers prix et les promotions.
Cette évolution intervient après une période marquée par la pandémie puis l’inflation galopante qui avaient profondément bouleversé les comportements. Nicolas Benoit, directeur général d’in-Store Media France, spécialisé dans le Retail Media omnicanal, souligne cette surprise positive tout en appelant à la prudence. L’année 2026 confirmera ou non cette tendance encourageante pour le secteur du retail.
Le retour des marques nationales et des produits premium
Si 65% des Français surveillent encore leur budget courses à 10 euros près contre 45% en 2020, ils s’autorisent progressivement davantage de liberté. Cette vigilance coexiste désormais avec une appétence renouvelée pour les achats plaisir comme le chocolat, les biscuits ou la viande de qualité, avec un recul de 4 points dans les restrictions. Les produits bio bénéficient également de cet assouplissement avec une baisse de 6 points de l’autocensure.
L’attrait pour les nouveautés et les gammes haut de gamme progresse significativement avec respectivement 7 et 6 points de hausse. Parallèlement, les marques premier prix perdent du terrain avec une diminution de 5 points actuellement et 6 points anticipés dans les six mois. Cette dynamique traduit une recherche d’équilibre entre maîtrise budgétaire et satisfaction personnelle.
| Catégorie de produits | Évolution des restrictions |
|---|---|
| Achats plaisir | -4 points |
| Produits bio | -6 points |
| Gammes premium | -6 points |
| Nouveautés | -7 points |
| Premiers prix | -5 points actuels |
Les centres commerciaux et l’évolution des circuits de distribution
Les hypermarchés et supermarchés demeurent incontournables avec 92% de fréquentation pour les courses quotidiennes. Pourtant, le drive enregistre un léger tassement à 21% soit 3 points de moins qu’en 2024, tout comme les supérettes qui reculent à 24%. Cette dynamique masque néanmoins une réalité contrastée : la fréquentation reste élevée mais le panier moyen diminue. Les consommateurs visitent toujours autant les grandes surfaces sans dépenser autant en caisse.
À Paris intra-muros, les habitudes diffèrent avec une approche multicanale privilégiant les commerces de proximité et les magasins spécialisés. En province, 77% des Français organisent leurs achats autour de courses hebdomadaires importantes, complétées par des achats d’appoint. Ce modèle hybride s’ancre particulièrement chez les catégories socioprofessionnelles supérieures à 63%.
Un phénomène notable concerne l’évolution des canaux traditionnellement réservés aux achats complémentaires. Les épiceries de quartier gagnent 9 points pour des courses conséquentes, atteignant 74%, tandis que les marchés progressent de 8 points. Cette redistribution témoigne d’une recherche de proximité et d’authenticité.
L’attractivité confirmée des espaces commerciaux
Plus de 80% des Français fréquentent régulièrement les centres commerciaux, avec un pic à 91% chez les 18-34 ans. Ces lieux polyvalents attirent pour diverses raisons :
- 63% y réalisent des achats ciblés
- 41% viennent simplement se promener, notamment 46% des jeunes adultes
- 29% recherchent le gain de temps
- 35% apprécient l’accessibilité
- 29% valorisent la praticité
Ces espaces accueillent 16 millions de visiteurs hebdomadaires qui fréquentent diverses enseignes : vêtements et accessoires (51%), pharmacies (44%), restaurants (38%), boutiques beauté (31%), librairies (26%) ou salles de sport (21%). L’hypermarché reste le point d’ancrage principal à 65%. Les petits centres commerciaux dominent avec 53% de fréquentation contre 35% pour les grands malls, reflétant la densité du territoire provincial. Les stratégies des influenceurs pour créer des marques s’inscrivent parfaitement dans cette dynamique de consommation renouvelée.










