Directrice générale d’UM France depuis octobre 2024, Emilie Thorel se livre sans filtre sur les moments qui jalonnent sa vie personnelle. Entre émotions intenses et petites victoires du quotidien, cette professionnelle des médias partage ses joies, ses inquiétudes et ses regrets avec une sincérité rafraîchissante. Portrait d’une femme qui jongle entre responsabilités professionnelles et réflexions profondes sur la société contemporaine.
Des souvenirs marquants entre drame et espoir
La disparition tragique de la princesse Diana en 1997 reste gravée dans la mémoire d’Emilie. Alors jeune femme vivant encore chez sa mère, elle se souvient avoir pleuré devant son écran de télévision, touchée par cette tragédie malgré son indifférence initiale pour la royauté britannique. « J’ai pris conscience que rien n’est acquis », confie-t-elle, évoquant la brutalité du destin qui a fauché Diana au moment où elle pouvait enfin profiter de son existence.
Le passage au Pont de l’Alma quelques jours après l’accident, la vision des anonymes déposant fleurs et messages, puis les funérailles retransmises qu’elle a regardées les larmes aux yeux : ces images constituent son premier rapport télévisé à la mort. À l’opposé du spectre émotionnel, l’élection de Barack Obama en 2008 représente pour elle un tournant historique majeur. La liesse aux États-Unis, particulièrement au sein de la communauté afro-américaine, et cette musique célébrant l’événement qui envahit les clubs du monde entier symbolisent un moment d’espoir collectif.
Des regrets artistiques et une victoire personnelle
Issue d’une famille d’artistes où chacun dessine, peint ou joue d’un instrument, Emilie se décrit comme « l’ovni familial » qui n’a pas suivi les traces créatives. Son père fut architecte, décorateur et musicien, sa mère maquettiste après Penninghen, ses oncles également musiciens. Deux regrets la poursuivent : ne pas avoir visité sérieusement la radio et le théâtre, passions de jeunesse qu’elle a sacrifiées pour des études classiques en littérature et histoire de l’art, et ne jamais avoir appris le piano ou le dessin.
| Domaine | Souhait initial | Décision prise |
|---|---|---|
| Animation radio | Devenir animatrice avec un ami | Études classiques privilégiées |
| Théâtre | Pratique et improvisation | Voie plus raisonnable choisie |
| Musique/dessin | Continuer la tradition familiale | Jamais franchi le pas |
Mais à 48 ans, Emilie célèbre une victoire significative : l’abandon quasi-total de la cigarette après des années de dépendance. Capable de ne pas fumer pendant un mois entier, elle utilise la cigarette électronique comme béquille mais considère ce sevrage comme un triomphe face à l’addiction au geste autant qu’à la nicotine. Parmi ses échecs mémorables figure une coupe de cheveux à la garçonne vers 13 ans, décision qu’elle a harcelé sa mère pour obtenir. Sortie en pleurs du salon, confondue avec un garçon pendant des mois, elle garde le souvenir cuisant du commentaire de son arrière-grand-mère : « Tu ressembles à un rat ».
Angoisses maternelles et défis technologiques
Mère de deux adolescents, Emilie exprime une angoisse profonde face à la violence croissante touchant les mineurs. L’affaire du jeune Elias, 14 ans, retrouvé sans vie après son entraînement de football, l’a particulièrement bouleversée. Son propre fils, du même âge et pratiquant également ce sport, crée un parallèle insoutenable. Ancienne résidente des Yvelines près de Trappes, elle compare les bagarres d’antan, qui restaient sans gravité, aux drames actuels impliquant couteaux et issues fatales.
Pour l’avenir, l’intelligence artificielle constitue son défi pour 2025. Initialement méfiante, elle trouve désormais ce domaine passionnant et souhaite progresser, tant pour accompagner ses clients que par intérêt personnel. Les héroïnes qui l’inspirent ? Simone Veil d’abord, visionnaire sur de nombreux sujets, et Jeanne d’Arc pour son courage dans un monde masculin. Sur une île déserte, après avoir envisagé rationnellement un couteau, elle emporterait finalement l’intégrale de Maupassant, ces œuvres qu’on apprécie pleinement qu’avec la maturité.










